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LA CONFERENCE DES OISEAUX
UNE MANIFESTATION AUTOUR DU « LANGUAGE DES OISEAUX » DE FARID UDDIN 'ATTAR
PRINTEMPS CAROUGEOIS 2007

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L'OEUVRE

  Allégorie du poème
Les oiseaux vivaient en république, mais ils sentirent la nécessité d'avoir un roi. Un pays sans roi, dit un poème indien, est comme une nuit privée de la clarté de la lune et une femme vertueuse sans mari.

La huppe, que les traditions rabbiniques et musulmanes donnent pour guide à Salomon dans son voyage à Saba, et qui, ayant ainsi connu familièrement le grand roi d'Israël, était plus que tout autre oiseau capable d'apprécier les qualités que doit avoir un bon roi, la huppe, dis-je, propose aux oiseaux pour souverain Sîmorg, oiseau extraordinaire qui réside au Caucase et dont elle loue les admirables mérites.

Les oiseaux agréent Sîmorg pour roi, mais ils sont effrayés par la longueur et le danger du voyage qu'il faut entreprendre pour aller le trouver. Les principaux oiseaux exposent tour à tour leurs objections et leurs excuses, mais la huppe les réfute toutes. Leurs raisons sont celles que donnent les mondains contre les préceptes de l'Evangile. C'est le repas du père de famille que dédaignent les conviés. Quelques oiseaux spiritualistes n'élèvent aucune objection, et se contentent d'adresser à la huppe des demandes sur ce qu'ils ont à faire.

Tous les oiseaux se décident enfin à partir, mais la plupart périssent en route de faim, de soif, de fatigue. Enfin, après bien des peines, et après avoir franchi sept vallées mystérieuses, ils arrivent au nombre de trente seulement auprès de Sîmorg. Or ce mot signifie en persan trente oiseaux. Ainsi les oiseaux, qui représentent les hommes, se retrouvent eux-mêmes en Simorg, c'est-à-dire en Dieu.

Telle est l'allégorie dont 'Atar s'est servi pour enseigner l'unité des êtres et l'existence de Dieu seul, représenté par l'oiseau mystérieux du Caucase.
Le language des oiseaux, traduction de Garcin de Tassy, Papyrus, Paris, 1982

le Mantic se divise en deux parties, ainsi que 'Attar le dit lui-même dans son épilogue : le Mantic uttaïr proprement dit, c'est-à-dire les Conférences préparatoires des oiseaux, et le Macâmât uttuyûr, c'est-à-dire les Stations des oiseaux, ou, comme 'Attar les appelle aussi, les Séances du chemin de la stupéfaction et le Diwan des poésies du vertige.

En effet, dans plusieurs manuscrits, ces deux parties sont distinctes et forment même quelquefois deux poèmes différents. Le Mantic se compose d'une introduction, des deux parties dont je viens de parler, et d'un épilogue. Partout le récit est coupé, de temps en temps, par des anecdotes ou des paraboles propres à faire ressortir les pensées de l'auteur et à mettre en relief ses dictrines.
Le language des oiseaux, traduction de Garcin de Tassy, Papyrus, Paris, 1982

 
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